La fondation Cartier pour l’art contemporain met en
scène sur internet son exposition du moment : « né dans la rue – graffiti ». Dernière tentative en date pour rendre compte de cette forme d’expression illégale qui n’en finit pas
de chercher la reconnaissance artistique. Signature sociale, ethnique ou tribale, ou parfois trace péremptoire de l’appropriation par quelques-uns du territoire collectif de la ville, le tag se
digère mal. Le plus souvent vécu comme pollution visuelle, il est ici détouré, vidé de l’intention de son auteur, pour n’en retenir que l’exercice calligraphique qui le matérialise. Les tags sont
désolidarisés de leur support, extraits de leur contexte, juxtaposés, composant un véritable alphabet universel de la dégradation urbaine : un brillant exercice de style.